Première Nation

Première Nation de Mashteuiatsh

Première Nation d'Essipit

Première Nation de Nutashkuan

Qui sont les Innus?

La culture innue

 

Première Nation de Mashteuiatsh

Les Pekuakamiulnuatsh
(Les Montagnais du Lac-Saint-Jean) 

Il y a près de 6000 ans, les Tshishennuatsh (ancêtres des Ilnuatsh) pénétraient le coeur du bouclier canadien fraîchement libéré des glaces. Ces premiers arrivants ont progressivement occupé l'ensemble du territoire irrigué par les rivières se jetant dans le Saguenay et le Pekuakami (lac Saint-Jean). Leurs descendants, les Pekuakamiulnuatsh, ont maintenu au cours des âges un mode de vie nomade rythmé par le cycle des saisons. 

Avant le contact avec les Européens, les Pekuakamiulnuatsh transigeaient avec d’autres nations autochtones du nord au sud et de l’est à l’ouest. Avant d’être décrétée réserve en 1856 selon la Loi sur les Indiens, Mashteuiatsh, qui signifie « Là où il y a une pointe », a toujours été un point de ralliement et de rencontre exceptionnel. Mashteuiatsh était un lieu de rassemblement unique sur les berges du Pekuakami où tous pouvaient échanger et partager, tant sur des bases commerciales que sociales et culturelles.

À travers tous les bouleversements de leur mode de vie et les tentatives d'assimilation dont ils ont fait l'objet, les Pekuakamiulnuatsh ont réussi non seulement à préserver leur identité, mais également à lui assurer un avenir à l'aube d'un nouveau millénaire.

Désignée au départ par le nom de Ouiatchouan, la communauté porte le nom de Mashteuiatsh depuis 1985. Le nom populaire de Pointe-Bleue a également longtemps désigné la zone habitée de la réserve. La Première Nation de Mashteuiatsh comprend 6 338 membres dont 2 028 résident dans la communauté. Mashteuiatsh est située sur la rive ouest du Pekuakami, à 6 km de Roberval.

Aujourd’hui, les éléments de la tradition orale témoignent de la présence historique des Pekuakamiulnuatsh sur Nitassinan (le territoire traditionnel innu), notamment par les innombrables noms de lieux.

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Première Nation d’Essipit

La présence amérindienne sur la Côte-Nord du fleuve St-Laurent remonte vers 9 000 AA. Sur le territoire traditionnel (Nitassinan actuel) des Essipiunnuat qui s’étend d’ouest en est de la rivière Saguenay à la rivière Portneuf, on retrouve près de 90 sites archéologiques préhistoriques et historiques témoignant de l’occupation continue des premiers Amérindiens et des ancêtres des Innus actuels. Pendant des siècles, l’embouchure du Saguenay a été le point de rencontre des différentes nations autochtones venues commercer avec les Innus. C’est pourquoi les Français y avaient érigé, dès l’année 1603, un poste de traite. 

Suite à la création du Domaine du Roy en 1652, les Innus deviennent les principaux fournisseurs des postes de traite et intègrent le commerce des fourrures à leurs activités traditionnelles sur leur territoire ancestral. Au début du 18e siècle, les activités et les besoins de la traite se diversifient et les ancêtres des Essipiunnuat intensifient plus spécifiquement l’exploitation des ressources marines en faisant la chasse au loup-marin et la pêche au saumon. Ces derniers prolongent donc leurs séjours sur la côte en chassant plus intensément au cours de l’hiver. Vers 1725, le poste de traite de Bon-Désir, appelé Pipounapi par les Essipiunnuat, génère à lui seul environ 600 peaux de loup-marin et 90 barils d’huile. 

Un siècle après la conquête du Canada par l’Angleterre, soit en 1850, les membres de la Première Nation des Innus Essipit occupaient toujours leur Nitassinan. Eux qui, depuis des millénaires, vivaient sur ces terres, se voyaient contester leur espace vital par la colonisation et l’industrie forestière. Avec l’abolition, par le gouvernement, du monopole de la Compagnie de la Baie d’Hudson, on ouvrait la voie à la colonisation, à l’établissement démesuré de clubs privés de chasse et de pêche, ainsi qu’à l’essor des industries forestières en plein Nitassinan. À Essipit, on tente bien de s’organiser, mais il est trop tard : les pétitions qu’on fait parvenir au gouverneur, afin qu’il préserve les droits des Innus et qu’il reconnaisse leur souveraineté sur Nitassinan, restent lettres mortes.

À cette époque, les colons sont déjà là et le village des Escoumins prend son essor, emporté par cette marée montante qu’est l’industrie forestière. Une scierie y est en activité depuis bientôt trois ans, et la population compte maintenant 287 habitants. Encore bien peu de monde, mais suffisamment pour dire aux Indiens de déguerpir de la Pointe-à-la-Croix (magnifique site où ils sont établis depuis toujours) et d’aller planter leurs tentes ailleurs! La stratégie gouvernementale de relocalisation des Essipiunnuat dans la réserve de Pessamit ayant échouée, on assiste, en 1892, à la création d’une réserve de 0,4 km2 appelée Essipit, où devait s’achever l’œuvre de « civilisation » entreprise par les gouvernements et le clergé, prévoyant en fait la disparition de ces quelques familles d’entêtés, déterminés à demeurer chez eux. 

Exclue de son propre territoire, empêchée de pratiquer son mode de vie et réduite à quémander sa subsistance dans le confinement d’une réserve microscopique, Essipit s’est souvenue! La communauté a su puiser, au plus profond de sa mémoire, les valeurs de partage, d’équité et d’entraide qui caractérisent la nation innue. Au début des années 1980, avec à sa tête un jeune Conseil axé vers le partage du patrimoine collectif dans une perspective d’amélioration du mieux-être des membres, Essipit s’engage résolument sur la voie du développement socioéconomique. Son approche communautaire, inspirée de ses traditions ancestrales, lui a permis de mettre en place, au cours des 35 dernières années, une économie diversifiée, mais essentiellement fondée sur le secteur récréotouristique. 

Les entreprises de pourvoiries, d’hébergement, de croisières aux baleines et de restauration, représentent aujourd’hui un chiffre d’affaires qui dépasse les 10 millions de dollars. Elles contribuent non seulement à un accroissement significatif du niveau de vie des membres de la communauté, mais également à l’instauration, parmi ces derniers, d’un sentiment de fierté. C’est dans ce contexte que l’on voit se développer un partenariat bénéfique autant pour les Innus que pour les résidents des collectivités voisines : en effet, 55 % des emplois créés dans la région par la Première Nation d’Essipit sont occupés par des Allochtones, alors que le Conseil de bande et ses entreprises sont le cinquième employeur de la Haute-Côte-Nord en terme de main-d’œuvre. Cela représente une injection annuelle de l’ordre de 3,4 millions de dollars dans l’économie régionale, facteur qui contribue largement à l’avenir collectif de l’ensemble de la population.

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Première Nation de Nutashkuan

Longeant la rive du golfe Saint-Laurent, la réserve innue de Nutashkuan se trouve à plus de 300 kilomètres à l’est de Sept-Îles. La communauté de Nutashkuan comprend 1063 membres dont 976 résidants. Le territoire de la réserve, enclavé dans celui de la municipalité de Natashquan, est accessible par la route 138 depuis 1996. 

Le littoral de Nutashkuan « là où l’on chasse l’ours » est fréquenté depuis longtemps déjà par les Innus lorsqu’en 1855, après de fructueuses migrations estivales pour y pêcher la morue, des pêcheurs venus des Iles-de-la-Madeleine décident de s’établir définitivement au creux de la baie sablonneuse, à l’embouchure de la grande rivière Natashquan, pour y fonder le village du même nom. 

Les Innus de Nutashkuan, dont près de 75% sont âgés de 35 ans et moins, parlent couramment l’Innu Aimun et le français. Reconnus pour leur générosité, ils sont également pourvus de nombreux talents : musiciens, chanteurs, conteurs de légendes et artisans. Les membres de la Première Nation de Nutashkuan, convertis au catholicisme depuis des décennies, ont pour lieu de culte l’église Notre-Dame des Indiens. 

À l’occasion de différentes fêtes en saison estivale, les Innus de Nutashkuan installent leur campement à l’Ile Sainte-Hélène, pour la Fête du Saumon, à la Montagne Bleue, pour la Fête de Sainte-Anne, aux abords de la rivière Natashquan, pour la Fête des Aînés et au village de Natashquan, pour le Festival du conte et de la légende de l’Innucadie. Ces activités permettent notamment aux Innus et aux Allochtones de partager et de fraterniser.

La communauté innue de Nutashkuan compte une vingtaine d’entreprises dont les activités économiques sont principalement liées à la pourvoirie, à la pêche commerciale, à la construction, au tourisme, à l’art et à l’artisanat. Il est intéressant de noter que le conseil de bande de Nutashkuan est titulaire d’un permis de pêche aux crabes.     

Nutashkuan possède également une école qui est fréquentée par l’ensemble des élèves de la communauté. L’école se démarque grâce à son équipement à la fine pointe de la technologie et à ses installations (gymnases, salles de cours spécialisés). 

 

Qui sont les Innus ?

Les Innus, autrefois appelés Montagnais, appartiennent à la famille linguistique algonquienne dont font également partie, au Québec, les Abénaquis, les Algonquins, les Malécites, les Micmacs, les Cris, les Attikameks et les Naskapis. La grande nation innue est composée de neuf communautés au Québec et de deux communautés au Labrador. Parmi les neuf communautés du Québec, sept se trouvent sur la Côte-Nord du Saint-Laurent (Essipit, Pessamit, Uashat mak Mani-Utenam, Ekuanitshit, Nutashkuan, Unamen Shipu et Pakua Shipu), une se situe au bord du lac Saint-Jean (Mashteuiatsh) et une autre à la frontière du Labrador (Matimekosh-Lac-John).

 

Occupation du territoire

Les recherches archéologiques montrent que les premiers autochtones venus du sud ont fréquenté et habité le territoire côtier à la suite du recul du glacier continental, il y a de cela près de 8 000 ans. Au cours des âges, les récits de tradition orale rapportent que l’occupation du territoire par les divers groupes innus (de culture algique) a été permanente mais conditionnée par diverses confrontations avec, notamment, des groupes inuit, micmacs et iroquois.

Lors de la période de contact avec les Européens, le territoire traditionnel des Innus, le Nitassinan, comprend la région du Saguenay-Lac-Saint-Jean, le nord du fleuve et du golfe du Saint-Laurent, la péninsule du Labrador et la ligne de partage des eaux1.  Les Innus utilisaient et occupaient un vaste territoire et circulaient jusqu’au nord des bassins versants des rivières se déversant dans le fleuve et le golfe Saint-Laurent. Les Innus possédaient des connaissances holistiques de leur territoire et utilisaient/contrôlaient des axes de circulation préhistoriques pour se déplacer à l’intérieur des terres, à pied ou en canot. 

Traditionnellement nomades et chasseurs-cueilleurs, les Innus se rassemblaient l’été sur les rives des principaux cours d’eau, dont le lac Saint-Jean et le fleuve Saint-Laurent, pour célébrer des mariages, faire des échanges, du commerce et de la politique2. À l’automne, ils regagnaient l’intérieur des terres en bandes familiales réduites et rejoignaient leurs territoires de chasse dont ils étaient les Kupaniesh (serviteurs, protecteurs) pour y faire la chasse et la trappe des animaux à fourrure. En raison de leur localisation géographique et de leur mode de vie, les Innus sont communément associés à la culture des régions boisées, une culture qui, pour la grande nation innue, prend racine dans la forêt boréale mais également parmi les conifères, les mousses et les lichens de la taïga et de la toundra. 

Plus récemment, tout en continuant néanmoins de fréquenter leurs territoires traditionnels respectifs, les Premières Nations innues se sont fixées sur des territoires de réserve en raison de la Loi sur les Indiens. Le territoire de réserve des Montagnais du Lac-Saint-Jean a été créé en 1853 à Metabetchouan et Péribonka avant d’être transféré à la Pointe-Bleue (Mashteuiatsh) en 1856. Le territoire de réserve des Innus d’Essipit a été créé en 1892 alors que celui de Nutashkuan a été fondé en 1953.

Cette forme de déplacement planifié et saisonnier entre l’intérieur des terres et les rives des cours d’eau, propre aux Innus, fut qualifiée par les classes académiques et religieuses de mode de vie nomade, concept justifiant d’emblée la saisie et l’occupation des terres innues, puisque celles-ci ne faisaient l’objet d’aucun titre de propriété. Comment aurait-il pu en être autrement puisque la notion même de propriété n’existait pas chez les Innus, n’ayant d’ailleurs aucun mot pour l’exprimer ? Il existait plutôt chez ces derniers un concept de souveraineté : l’Innu Tipenitamun. Et pourtant, le territoire constitue le fondement même de la culture innue; il en est l’épine dorsale. Le Nitassinan de chaque Première Nation tisse un lien invisible et pourtant très tangible entre l’individu, la Terre Mère d’où il est issu, et le peuple auquel il appartient. Il en est ainsi dans toutes les communautés innues.

 

Les Innus d’aujourd’hui

Avec plus de 16 000 membres, la Nation innue est la deuxième nation autochtone la plus populeuse du Québec. La majorité de ses membres parle l’Innu Aimun - la langue innue - au quotidien, de même que le français ou l’anglais. Les neuf communautés innues présentes sur le territoire sont très différentes les unes des autres, tant en raison de leur situation géographique que de leur taille et de leur développement socio-économique. Les principales activités économiques des Premières Nations innues touchent le commerce, les entreprises, les pourvoiries ainsi que les activités liées à la chasse, à la pêche traditionnelle et à la pêche commerciale (rivières à saumon).

Plusieurs organismes, tels que l’Institut Tshakapesh, le musée Shaputuan de Uashat mak Mani-Utenam et le Musée amérindien de Mashteuiatsh, pour ne nommer que ceux-là, œuvrent à l’épanouissement et à la diffusion de la culture innue. De plus, toutes les communautés innues possèdent une station de radio communautaire reliée au réseau de la Société de communication Atikamekw-Montagnais (SOCAM).

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La culture innue

Les croyances

La base du système de croyances des Innus est la forêt, source de vie. L’un des mythes fondateurs de la grande nation innue enseigne qu’au début des temps, des mariages avaient lieu entre les animaux, qui possédaient une âme et des facultés semblables à celles des hommes. Les animaux ont accepté de libérer les hommes dans la forêt, en leur faisant promettre de ne pas dévoiler les secrets qu’ils avaient appris sur elle grâce à eux. Rompant leur promesse, ces humains ont dû quitter la forêt pour ne jamais y revenir. Depuis ce temps, la connaissance de la forêt et de ses mystères ne peut s’apprendre que grâce aux animaux. À la suite de ces événements, la voix des animaux ne se fait plus entendre qu’occasionnellement, lors du rituel de la tente tremblante exercé par des shamans. Traditionnellement, afin de communiquer avec les animaux, les Innus utilisent le tambour, la suerie, la divination, la suspension des os et divers cultes comme celui de l’ours, du caribou et du saumon.  

Les Innus, comme la plupart des nations de culture algique, croient en un pouvoir suprême, force créatrice de toute chose. Leur système de croyances évolue autour du Grand Esprit, Tshitshe Manitu, l’Être bon et suprême. Les Innus croient en l’omniprésence des forces spirituelles ainsi qu’à la présence d’une âme propre à chaque chose et à chaque espèce. Pour les Innus, chaque espèce, y compris l’humain, occupe une place essentielle dans le cercle du cosmos. Cette croyance a favorisé le respect de chacun des éléments constituant l’univers et assurant son équilibre. 

Les Innus considèrent que la mort mène l'esprit vers les riches régions où la maladie et la tristesse n'existent pas. Les âmes des morts continuent, dans l'au-delà, à vivre tel qu’elles ont vécu sur terre mais exempts des soucis des êtres vivants.

De nombreux Innus sont encore aujourd'hui profondément imprégnés des mythes fondateurs et des croyances à la base de leur culture et demeurent respectueux de l'éthique spirituelle de leurs ancêtres. La plupart d’entre eux sont maintenant des catholiques, un lègue des nombreux missionnaires qui ont parcouru le Nitassinan depuis l’arrivée de Champlain en Amérique.

 

La tradition orale

De l’époque nomade à aujourd’hui, les mythes fondateurs, les histoires familiales et les récits d’expéditions et de chasse se transmettent par l’oralité chez les Innus. Les événements marquants et les histoires du passé sont racontés par le biais de légendes et de récits mythiques qui portent le nom d’atanukuan. Les anecdotes de la vie quotidienne, rapportées par des témoins, sont quant à elles appelées tshipatshimun. 

La vie des Innus a beaucoup changé au cours des cinquante dernières années. L'école, la télévision et l’Internet ont notamment contribué à transformer la société traditionnelle innue. Aujourd'hui, les parents s'efforcent de transmettre à leurs enfants leur identité innue tout en adoptant un mode de vie moderne, et ce, sans renier leurs origines. Des recherches sont en cours depuis plusieurs décennies pour conserver la science du peuple innu. À titre d’exemple, les témoignages des aînés, essentiels au maintien de l'identité innue, sont recueillis et enregistrés. Afin que ce savoir ne se perde pas, des livres sur la médecine par les plantes, la cuisine traditionnelle, la chasse, la pêche et la trappe sont publiés, tout comme les contes et légendes innus.

 

La vie traditionnelle et l’organisation sociale – Innu Aitun

Les Innus vivaient traditionnellement en petits groupes familiaux ou claniques à l'intérieur des terres pendant les longs mois d'hiver. Ils se regroupaient en communautés plus larges au printemps, principalement à l'embouchure de rivières importantes ou de grands plans d'eau. La période estivale favorisait l'éclosion d'une vie sociale plus intense, l'organisation de festivités et de cérémonies à caractère spirituel et religieux et se prêtait bien aux mariages inter-groupes. 

La composition et la dimension des bandes ne comportaient pas de règles strictes bien que généralement, les alliances et les liens de parenté les déterminaient. Les Innus procédaient parfois, à l'occasion des regroupements, au choix d’un chef. Ce choix se faisait à partir des qualités personnelles de l’individu, soit l’habilité à la chasse, la sagesse ou la capacité à communiquer avec l'esprit des animaux. 

La répartition des tâches se faisait généralement selon l'appartenance à un sexe ou à l'autre. Selon les circonstances et les exigences des déplacements, hommes et femmes pouvaient néanmoins réaliser les tâches des uns et des autres sans cloisonnement. Toutefois, les hommes s'occupaient ordinairement de la chasse au gros gibier, de la planification des voyages et des déplacements, de la construction du campement, du troc et de la fabrication de certains outils, pièges et équipements sophistiqués comme le canot, les fûts de raquette, les avirons, etc. Les femmes, pour leur part, s'occupaient généralement de l'aménagement du campement, de la chasse au petit gibier, de la pêche et de la trappe aux alentours du campement, du tressage des raquettes, de la fabrication et de l'entretien des vêtements et des tentes, de la cueillette des fruits sauvages et des herbes médicinales et de l'éducation des jeunes enfants. Les femmes demeuraient davantage au campement et prenaient soin des aînés, entretenaient le feu et la réserve de bois de chauffage. Les hommes s’éloignaient souvent à la recherche de gibier ou pour inspecter les lignes de trappe. 

Les aînés occupent une place très importante dans la nation innue et au sein des familles. Ils sont les bibliothèques vivantes de l’histoire de la nation, de ses légendes, de ses traditions et de la connaissance du territoire. Les aînés sont tenus informés des événements qui touchent leur communauté et sont régulièrement consultés sur différents propos. 

Aujourd’hui, les Innus vivent en sédentaires dans leur collectivité locale bien que certains passent encore de longues périodes en forêt. D’autres ont choisi de vivre à l’extérieur des territoires de réserve ou ont quitté leur communauté pour aller étudier dans les grands centres.

 

La langue innue – Innu Aimun

Innu Aimun tire son origine et sa vitalité du territoire ancestral habité par les Innus. Comme tous les peuples, les Innus ont nommé les lieux et les recoins de leur territoire, des endroits qui conservent toujours, à notre époque, la trace de cette nation. Encore aujourd’hui, la plupart des Innus parlent Innu Aimun, bien que cette dernière soit menacée dans les communautés les plus urbanisées par la concurrence du français et de l’anglais. Malgré ces difficultés, le maintien et l’apprentissage de la langue sont valorisés dans chacune des communautés.

La culture innue est vivante. Elle n’est pas fixe; elle évolue avec son temps et avec les événements qui la composent. Elle respecte autant les temps passés et les valeurs traditionnelles qu’elle procède à l’intégration des valeurs et des technologies contemporaines. 

La société innue est en transition accélérée. Son défi actuel est de s’adapter à la mondialisation et de trouver son équilibre dans un contexte d’interculturalité et de communications planétaires. Les enjeux de son développement s’avèrent tout autant internes qu’externes. 

Aujourd’hui, les Innus sont à un tournant de leur histoire. Le résultat de la négociation d’un traité est d’une grande importance pour leur projet de société. Ce traité permettra de déterminer, dans le respect et la reconnaissance de tous, la forme que prendra la relation que les Innus entretiendront à l’avenir avec eux-mêmes, mais également avec les sociétés canadienne et québécoise. 

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1  Selon la période historique, les Innus occupaient aussi le territoire jusqu’à Québec (réduction de Sillery et Côte-de-Beaupré) et la rive sud de la région de Rivière-du-Loup (Récit du père jésuite Paul Le Jeune). Les Innus de Mashteuiatsh ont également occupé une partie du territoire de la région du grand lac Mistassini, au-delà de la tête des eaux, ceux de Pessamit la région de Kaniapiskau et ceux de Nutashkuan, le Labrador et le bassin sud du fleuve Churchill.
2 Par exemple, le rassemblement politique et militaire de Tadoussac en 1603.