Collection du Musée de Mashteuiatsh / ©Thomas Siméon

Première Nation

Première Nation de Mashteuiatsh

Première Nation d'Essipit

Première Nation de Nutashkuan

Qui sont les Innus?

La culture innue

 

Première Nation de Mashteuiatsh

Les Pekuakamiulnuatsh
(Les Montagnais du Lac-Saint-Jean) 

Il y a près de 6000 ans, les Tshishennuatsh (ancêtres des Ilnuatsh) pénétraient le coeur du bouclier canadien fraîchement libéré des glaces. Ces premiers arrivants ont progressivement occupé l'ensemble du territoire irrigué par les rivières se jetant dans le Saguenay et le Pekuakami (lac Saint-Jean). Leurs descendants, les Pekuakamiulnuatsh, ont maintenu au cours des âges un mode de vie nomade rythmé par le cycle des saisons. 

Avant le contact avec les Européens, les Pekuakamiulnuatsh transigeaient avec d’autres nations autochtones du nord au sud et de l’est à l’ouest. Avant d’être décrétée réserve en 1856 selon la Loi sur les Indiens, Mashteuiatsh, qui signifie « Là où il y a une pointe », a toujours été un point de ralliement et de rencontre exceptionnel. Mashteuiatsh était un lieu de rassemblement unique sur les berges du Pekuakami où tous pouvaient échanger et partager, tant sur des bases commerciales que sociales et culturelles.

À travers tous les bouleversements de leur mode de vie et les tentatives d'assimilation dont ils ont fait l'objet, les Pekuakamiulnuatsh ont réussi non seulement à préserver leur identité, mais également à lui assurer un avenir à l'aube d'un nouveau millénaire.

Désignée au départ par le nom de Ouiatchouan, la communauté porte le nom de Mashteuiatsh depuis 1985. Le nom populaire de Pointe-Bleue a également longtemps désigné la zone habitée de la réserve. La Première Nation de Mashteuiatsh comprend 9452 membres dont 2105 résident dans la communauté. Mashteuiatsh est située sur la rive ouest du Pekuakami, à 6 km de Roberval.

Aujourd’hui, les éléments de la tradition orale témoignent de la présence historique des Pekuakamiulnuatsh sur Nitassinan (le territoire traditionnel innu), notamment par les innombrables noms de lieux.

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 Première Nation des Innus Essipit

La présence amérindienne sur la Côte-Nord remonte à 8 500 - 9 000 ans avant aujourd’hui. Près de 90 sites archéologiques se retrouvent sur le Nitassinan (territoire traditionnel) des Essipiunnuat, qui s’étend de la rivière Saguenay à l’ouest jusqu’à la rivière Portneuf à l’est. Ces sites, tant préhistoriques qu’historiques, témoignent de l’occupation continue des premiers Autochtones et des ancêtres des Innus actuels. Pendant des siècles, l’embouchure du Saguenay a été le point de rencontre des différentes nations autochtones venues commercer avec les Innus. C’est pourquoi les Français y ont érigé, dès l’année 1603, un poste de traite. 

À la création du Domaine du Roy en 1652, les Innus deviennent les principaux fournisseurs des postes de traite et intègrent le commerce des fourrures à leurs activités traditionnelles (innu-aitun). Au début du 18e siècle, les besoins de la traite se diversifiant, les ancêtres des Essipiunnuat intensifient leur exploitation du loup-marin. Pour y arriver, ils prolongent leur séjour au bord du littoral jusqu’en hiver plutôt que de retourner à l’intérieur du Nitassinan à l’automne. Vers 1725, le poste de traite de Bon-Désir, appelé Pipounapi par les Essipiunnuat, génère à lui seul environ 600 peaux de loup-marin et 90 barils d’huile. 

L’abolition du monopole de la Compagnie de la Baie d’Hudson par le gouvernement du Canada, en 1842, ouvre le territoire à la colonisation, à l’industrie forestière et à l’établissement de clubs privés de chasse et pêche. Les Essipiunnuat tentent tant bien que mal de résister, mais il est trop tard : les pétitions envoyées au gouverneur demandant que leurs droits soient préservés et leur souveraineté reconnue sur Nitassinan, restent lettre morte.

En 1850, les colons sont bien installés sur le territoire et le village des Escoumins prend son essor. Le gouvernement tentera de relocaliser les Essipiunnuat dans la réserve de Pessamit située à plus de 100 km à l’est. Cette stratégie gouvernementale destinée à rassembler en un seul lieu les Innus de la région sera un échec. En 1892, le gouvernement se résigne et procède à l’achat de 200 acres de terre à proximité des Escoumins. Une réserve de 0,4 km2 y sera finalement créée pour les Essipiunnuat.

Exclus de leur territoire et empêchés de pratiquer leur mode de vie, les Essipiunnuat connaîtront, à la suite de leur mise en réserve, un lent déclin socioéconomique. Frôlant la disparition au début du 20e siècle, la communauté misera, dans les années 1980, sur le développement communautaire pour se reconstruire. Essipit renoue alors avec ses traditions, sa culture et ses savoir-faire. L’approche communautaire préconisée permettra à la communauté de mettre en place une économie diversifiée, mais essentiellement fondée sur le secteur récréotouristique. 

Aujourd’hui, les Entreprises Essipit regroupent six pourvoiries dont une offrant l’observation de l’ours noir, trois campings, plusieurs chalets et condos touristiques en location, une entreprise de croisières aux baleines, un restaurant-poissonnerie, et une entreprise de kayak de mer. Le Conseil de la Première Nation des Innus Essipit entretient également de nombreux partenariats avec différentes entreprises locales, régionales ou nationales.

Les Essipiunnuat, dont la devise est « Pour nos pères et nos enfants », ont su, en renouant avec leur culture, ramener la fierté au sein de leur communauté. Aujourd’hui, Essipit est une Première Nation fière, prospère, ouverte sur le monde et bien intégrée à la vie économique, culturelle et sociale de sa région. 

La communauté d'Essipit comprend 1393 membres dont 250 résidents.

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Première Nation de Nutashkuan

Longeant la rive du golfe Saint-Laurent, la réserve innue de Nutashkuan se trouve à plus de 300 kilomètres à l’est de Sept-Îles. La communauté de Nutashkuan comprend 1249 membres dont 1127 résidents. Le territoire de la réserve, enclavé dans celui de la municipalité de Natashquan, est accessible par la route 138 depuis 1996. 

Le littoral de Nutashkuan « là où l’on chasse l’ours » est fréquenté depuis longtemps déjà par les Innus lorsqu’en 1855, après de fructueuses migrations estivales pour y pêcher la morue, des pêcheurs venus des Iles-de-la-Madeleine décident de s’établir définitivement au creux de la baie sablonneuse, à l’embouchure de la grande rivière Natashquan, pour y fonder le village du même nom. 

Les Innus de Nutashkuan, dont près de 75% sont âgés de 35 ans et moins, parlent couramment l’Innu Aimun et le français. Reconnus pour leur générosité, ils sont également pourvus de nombreux talents : musiciens, chanteurs, conteurs de légendes et artisans. Les membres de la Première Nation de Nutashkuan, convertis au catholicisme depuis des décennies, ont pour lieu de culte l’église Notre-Dame des Indiens. 

À l’occasion de différentes fêtes en saison estivale, les Innus de Nutashkuan installent leur campement à l’Ile Sainte-Hélène, pour la Fête du Saumon, à la Montagne Bleue, pour la Fête de Sainte-Anne, aux abords de la rivière Natashquan, pour la Fête des Aînés et au village de Natashquan, pour le Festival du conte et de la légende de l’Innucadie. Ces activités permettent notamment aux Innus et aux Allochtones de partager et de fraterniser.

La communauté innue de Nutashkuan compte une vingtaine d’entreprises dont les activités économiques sont principalement liées à la pourvoirie, à la pêche commerciale, à la construction, au tourisme, à l’art et à l’artisanat. Il est intéressant de noter que le conseil de bande de Nutashkuan est titulaire d’un permis de pêche aux crabes.     

Nutashkuan possède également une école qui est fréquentée par l’ensemble des élèves de la communauté. L’école se démarque grâce à son équipement à la fine pointe de la technologie et à ses installations (gymnases, salles de cours spécialisés). 

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